Les pattes frêles du désir - 2 - A.M.


© Philippe Pasqua - Crâne aux papillons





la mort nous a rêvés
et c'était bon
un peu âcre aussi c'est vrai
de se réveiller
le nez dans l'herbe du souvenir
salivant de fumée


Anne Mulpas, Les pattes frêles du désir
Anthologie Triages, Voix unes & premières (Vol.I). Editions Tarabuste 2016

Les pattes frêles du désir - 1 - A.M.


J'aurais pu être.
Cette femme.
Cet homme.
Celle-là assise au bord de l'espoir.
Les lèvres mangeant le dedans.
(un gouffre)
Celui-là accoudé précaire.
Le litron buvant ses mots.
(une vigie)
Celle-là ourlée par l'aiguille du regret.
Celui-là bétonné de silence.
J'aurais pu.
Je le peux.
Ça n'a rien d'effrayant,
ce moi qui peux être tant et tant.
Son père.
Sa mère.
Bien plus que cela.
Leurs sacrifices.
Leurs rires.
Comme tant et tant.
Je peux être, je serai aussi
leur rêve naissant au creux froid
de la fin.

Anne Mulpas, Les pattes frêles du désir
Anthologie Triages, Voix unes & premières (Vol.I). Editions Tarabuste 2016

Labé-Cédaire - avec Eva Wellesz







Pour découvrir notre hommage à Louise Labé, et d'autres œuvres d'Eva
c'est ICI, le site de La librairie du ciel.

Velléité d'une ligne... - (abscisse)atelier

Velléité d'une ligne...©Manuel Congreta

Joie d'un premier ouvrage chez un nouvel éditeur : (abscisse)atelier dont le titre intégral est Velléité d'une ligne dans le silence des marges. Poème né d'une course, d'un souffle — ce qui nous tient et résiste —intégré au recueil Les pattes frêles du désir, revue Triages, ed. Tarabuste.
Édité à part, pensé et mis en espace, les caractères de plomb lui offrent une incarnation paradoxale : plus lourde mais galopante cependant.

Velléité d'une ligne...©Manuel Congreta


Ci-après la présentation de sa maison :

"J’ai monté cet atelier avec évidence après avoir expérimenté sur scène le rapport du texte et de la matière — et ainsi interrogé la place du lecteur/spectateur. Je ne peux, aujourd’hui, dissocier les deux : je suis éditeur & scénographe, pratiques intimement liées, reliées, alimentées. Je cherche, je tâtonne. Je fabrique des espaces de lecture qui sont des espaces de projection, pour donner à voir, à entendre autrement les textes. Je trouve l’écrin nouveau — la transmission — entre auteur et lecteur, comme je la cherchais avant entre auteur et spectateur. Pas grand chose n’a changé aujourd’hui, mis à part le médium et le point du vue sur le texte autrefois confié au metteur en scène et que j’assume seul dorénavant. J’approche le livre de manière très personnelle et artistique, augmentée d’une touche politique : défendre la diffusion des auteurs contemporains avec des livres uniques à un tarif abordable, refusant que mes livres soient réservés à des collectionneurs. J’aime ce travail de recherches charnelles qui m’entraîne aux frontières de l’espace, du papier, de la page, avec une vraie volonté de laisser de la place aux lecteurs et aux mots pour (co)exister. L’odeur de l’encre, la lenteur que demandent les petits caractères en plomb alimentent le désir de poursuivre la tâche encore et encore. Composer chaque mot et chaque phrase, signe par signe, est un moment de plaisir et de méditation nécessaire pour penser le livre à venir. 
Mes livres, aussi surprenants, parfois déroutants soient-ils, sont véritablement des livres car ils véhiculent des voix contemporaines et singulières par la matière papier, peu importe la forme qu’ils prennent, prendront.

Petit à petit et très naturellement, j’ai développé un deuxième pôle au sein d’ ( abscisse ) : une partie édition « numérique » permettant une diffusion plus vaste mais ne changeant rien à ma réflexion sur 
« espaces et textes ». Je garde ainsi ma patte personnelle mais pour un plus grand public et pour diffuser des valeurs humaines et sociales qui me sont chères. Je cherche le mélange entre tradition et modernité et désire m’emparer avec sensibilité et intelligence des nouvelles formes de médiation et de diffusion pour questionner ce qui fait livre aujourd’hui et donc sa fonction, ses enjeux. "  MC



Ici - A.M.

©Anne Mulpas - 2011


L'antenne frôlant le gouffre.
Et l'hiver déjà là.

Echophanies - recueil éd. Tarabuste