Mohammed Dib - hommage collectif





Fin octobre est paru aux éditions SÉDIA,

MOHAMMED DIB UN ÉCRIVAIN DE LUMIÈRE

Cet ouvrage réunit des plumes diverses qui disent le poète : Assia Dib, sa fille, Abdelkader Djemaï, Anouar Benmalek, Anne Mulpas, Nathalie Philippe, Soumya Ammar-Khodja, Hubert Haddad, Alain Mabanckou, Abdecelem Ikhlef, Hervé Sanson, Guy Dugas, Amin Khan, Abdelmadjid Kaouah, Ali Chibani et Yahia Belaskri.
Yahia, l'auteur et ami à qui je dois non seulement l'édition d'un de mes textes mais surtout une importante rencontre avec une œuvre, une vision.

Je n'ai aucune frilosité à publier mes textes, je préfère ici partager les mots de Dib lui-même :

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et le chemin qui est une façon de redire la prière et nous repartons encore une fois et pour une fois rien ne nous empêchera de gagner ces dunes sur lesquelles le vent luit et attend notre passage commenter chaque grain de sable commenter l’écriture des étoiles c’est une tâche qui requiert d’abord une bonne vue nous épellerons lettre par lettre le texte déposé nous collationnerons les mots dans chaque mot nous réunirons les amants cette solitude ce sable ce vent ne sont pas faits pour se couvrir de vestiges mais de la fraîcheur de l’œil si rien n’y invite au repos c’est que la marche y est repos le jour même n’y est que marche continuée vers soi sans rupture et armée de sa seule chance qu’écriture sur le sable et dont le sable reconnaissant s’abreuve et se vivifie et la chaîne des signes se déroulera jusqu’au cœur du vent

Mohammed Dib, Les pouvoirs in Formulaires, Paris, ed. du Seuil, 1970

Impermanences I - avec Charles Neubach




...

Lignes de front.
De fuites.
Emergence et ensevelissement.
Si la ville s’ignore, se perd elle-même dans son vertige,
il est possible que nous dormions.
Que le réveil soit l’accident.
Et nos violences, 
nos misères 
rien de plus que la géométrie du flou,
que la colle du sommeil aux paupières.
Saisissements.
Dans le voile quadrillé de la disparition, l’éclat qui nous précède,
bien après nous résonne encore.

Tout aussi nu que nous.






Texte (extrait) pr l'exposition de Ch. Neubach au Centre Barbara - Goutte d'Or - Paris 2015
http://www.charlesneubach.eu/index.php

TAPIN NOIR - avec Eva Wellesz



...
nom de nom
caché
constellation de cris
inversée
sur le front de l’oubli
la bête
petite pense
pense et s’enfuit
à l’approche du doigt
oh
l’emporte
le rire du chas
...

extrait Tapin Noir
A. Mulpas pr Eva



17x17,5 cm - côte de maille, caoutchouc, or et encre - 290 €
©Eva Wellesz


DouXleurre II de Nicole Pérignon


Exposition DouXleurre II
de Nicole Pérignon, plasticienne-typographe
avec Manuel Congréta, scénographe & Anne Mulpas, auteur
Hôtel de Ville de Reims du 13 mai au 9 juin 2014

...
douze mots ou bien dix
où donc s'assoit le doute
lorsqu'il faut pauvre petit Judas
racheter sa vie et n'admettre que l'hors de
l'orbe de vie
dès lors le silence ma dame
qu'on le ceinture à ta taille engorgée
et
qu'un peu plus remonte dans tes plissés
la main et
qu'en elle naisse puis s'affirme
le sein blanc
coussin au cœur bien bel et bien vivant
dès lors que remonte encore
la main pour tordre au cou
retordre
sans cesse sur l'ouvrage
ton premier Si — l'unique cri
...

"

DouXleurre II - fragment 6 - A.M. 2014





Poème au-delà - (abscisse) atelier


(abscisse)atelier©Manuel Congreta



Deuxième Livre d'artiste avec et chez l'ami éditeur Manuel Congreta.
Contact : abscisse.atelier@gmail.com


(abscisse)atelier©Manuel Congreta

Labé-cédaire - avec Eva Wellesz





Labé-cédaire#EvaWellesz/Anne Mulpas

                                                         

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Pour accéder au livre d'artiste d'Eva, et donc à La Librairie du ciel,
c'est ICI.



Les pattes frêles du désir - 3 - A.M.






une vallée transitoire où ta majuscule s'est perdue       errante en ses parties
l'appendice humilié arrachant ses lambeaux à la langue  — honteuse bègue en un drapé de soie qui à force de prétendre mourra sans
le partage
la folle partition
géhenne
un baiser-lèpre
l'hérédité s'accolant à la faute                        il est temps de choisir et de trancher
alors elle        
te parcourant d'un monde l'autre — découvre enfin le sien et l'affirme et t'infirme                       
peu importe l'erreur puisqu'elle vaut vérité
alors
il est tentant c'est vrai de confier à la mort
ce qui n'est pas de son ordre             mais la vie       mais
par-delà ton reflet ton corps déshérités — combien d'attentes dérisoires —
au-delà de la chair et des cris du parquet
des cuisses des reins du dos tout cela qui se cède à bas prix          tout cela désormais qui accepte le mouvement et la contradiction
alors elle
dans le sarclage des côtes abandonne le manque l'habitude du manque
alors elle s'apprête enfin à se noyer dans le fleuve désirant des pleins et des déliés
géhenne                      petite si petite la vallée
que sa tristesse tient dans la main
n'y trace qu'une ligne brûlante sur laquelle souffle l'enfant souffle souffle
puisque son œil ne pense pas non ne pense plus mais
la vie mais
en lui annonce son véritable roi         l'indicible et bavard souverain
puisqu'en son œil       l'enfant te voit

il te voit et t'éteint


Anne Mulpas,  Les pattes frêles du désir, Anthologie Triages,  Voix unes & premières (Vol.I). Editions Tarabuste 2016

Echophanies - recueil éd. Tarabuste